<p style="text-align: justify;">Profitant des questions au gouvernement ce mercredi, Saïd Omar Oili avait sollicité Stéphane Demilly, groupe Union centriste, <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2024/09/19/senat-affirmer-la-souverainete-francaise-pour-ancrer-mayotte-dans-sa-region-ou-linverse/">corapporteur pour l’océan Indien de la mission sur l’ancrage des territoires ultramarins</a> dans leur bassin régional. Ce dernier s’adressait au nouveau Garde des Sceaux, Didier Migaux, comptable des engagements de son prédécesseur en 2022, lorsqu’Eric Dupond-Moretti était venu à Mayotte.</p>
<p style="text-align: justify;">Le sénateur centriste qui est venu en mai dernier sur le territoire, décrivait au ministre une situation « explosive », dans ce département « le plus jeune de France, le plus pauvre de France, le plus violente de France ». Témoignant d’une prison sursaturée, et à ce niveau, on se demande si les chiffres veulent encore dire quelque chose, « 650 détenus pour 278 places », répétait-il pour ancrer le coefficient multiplicateur dans les esprits. Il rappelait l’émeute du mois dernier, la démission du chef d’établissement Nicolas Jauniaux et remettait dans les mémoires <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2022/03/12/un-nouveau-centre-penitentiaire-annonce-par-eric-dupond-moretti-sous-condition-de-foncier/">les annonces d’Eric Dupond-Moretti qui les avait prudemment conditionnées de foncier</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Preuve que le taux de remplissage est soumis à inflation, Didier Migaux était mieux disant, « il y a même actuellement 663 détenus pour 278 places ! ». Compte tenu de cette population carcérale, des transferts sont toujours organisés vers les prisons de La Réunion et de l’Hexagone, « ils ont même doublé en 2023 et ce sont poursuivis cette année », informait le ministre. Mais en dehors de cette action, c’est le statu quo en matière de 2<sup>ème</sup> établissement. Comme nous l’avions <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2024/10/02/nouveau-centre-penitentiaire-pas-encore-davancees-sur-les-investissements-selon-ladministration-penitentiaire/">révélé lors de l’interview de ses services</a> à la suite de l’émeute au centre pénitentiaire, ce sera bien un établissement de 400 places, autant dire qu’avec le chiffre de 663 prisonniers actuels à répartir sur 678 places, il sera plein immédiatement, et « 15 à 20 places de semi-liberté », comme l’avait annoncé son prédécesseur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des budgets qui s’évanouissent</strong></p>
Toujours pas d’annonce du ministre de la Justice pour le 2ème centre pénitentiaire
La démission de Nicolas Jauniaux n’aura-t-elle servi à rien ? On peut s’interroger à l’écoute de la réponse du ministre de la Justice au sujet des établissements qui pourtant budgétisés en septembre dernier. Mais depuis, l'austérité est de retour...
Par Anne Perzo
Publié le · Heure de Mayotte
Le ministre Didier Migaux menotté par le budget ?