Aller au contenu
Le Journal de Mayotte L’info au service de Mayotte

L’actualité de Mayotte et de l’océan Indien

Le journal
en version numérique

Tous les numéros,
sur tous vos écrans.

Menu

Informations pratiques

Vols de Mayotte

Aéroport de Dzaoudzi-Pamandzi (DZA · FMCZ)

  • DZA / FMCZDzaoudzi-Pamandzi
  • Vendredi 30octobre 2026
  • 25 °CÉclaircies
  • MayotteHeure locale (UTC+3)

Horaires programmés par les compagniesLes retards et les annulations ne sont pas suivis en direct à Mayotte. Avant de partir à l’aéroport, vérifiez l’état de votre vol auprès de votre compagnie.

Illustration

Arrivées

3 vols
HeureVolProvenanceCompagnieStatut
12:15 UU 274Air Austral La RéunionRoland-Garros Air Austral Programmé
14:25 SS 772Corsair La RéunionRoland-Garros Corsair Programmé
17:00 ZD 213Ewa Air Antananarivo Ewa Air Programmé

Départs

3 vols
HeureVolDestinationCompagnieStatut
12:30 ZD 212Ewa Air Antananarivo Ewa Air Programmé
14:00 UU 275Air Austral La RéunionRoland-Garros Air Austral Programmé
16:10 SS 773Corsair La RéunionRoland-Garros Corsair Programmé
  • Horaires indicatifsSource : AeroDataBox
  • Mise à jour30 octobre 2026 à 20:05 (heure de Mayotte)
  • Vols commerciauxréguliers uniquement
  • En cas de douteContactez votre compagnie
Voir les vols des 5 prochains jours (nouvel onglet)

Rondes de voisins : Une pièce du puzzle de reconstruction de la société mahoraise

Social

Par Anne Perzo

Publié le · Heure de Mayotte

Ce n’est pas par hasard si le dispositif renforcé de Voisins vigilants fait écho à la devise de Mayotte, « Ra Hachiri », « nous sommes vigilants ». Il correspond pour son initiateur Elad Chakrina, à une adaptation nécessaire à la déliquescence de la société mahoraise, à sa perte de repères, pour pouvoir se réapproprier ses valeurs.

Elad Chakrina en compagnie du commissaire Miziniak lors de la première réunion des voisins vigilants
Elad Chakrina en compagnie du commissaire Miziniak lors de la première réunion COSEM des voisins vigilants

Au titre d’avocat Elad Chakrina peut rajouter l’adjectif « boulimique ». Arrivé de métropole en août 2013, il initiait en juillet 2015 le COSEM, et le dispositif de rondes de nuit qui font des voisins davantage des alliés contre la délinquance que de simples « vigilants ». « Il fallait combler les carences du terrain », nous explique-t-il pudiquement, lors d’un échange sur un bilan des premiers mois du dispositif.

Les insuffisances des forces de l’ordre à Mayotte font que « l’espace public est occupé par les voleurs et les délinquants, les riverains devaient se le réapproprier. » Les premiers effet se sont immédiatement faits sentir, pas seulement auprès des délinquants : « Dans les quartiers où les rondes sont mises en place, nous notons une présence plus régulière des forces de l’ordre. »

Il ne s’agit pas d’une démarche uniquement sécuritaire, au risque de faire à la place de l’Etat dans son rôle le plus régalien, mais aussi de recréer une dynamique que les quartiers avaient perdu : « Ce lien rend les voisins, moins vulnérables, plus soudés. »

Aucun dérapage, mais de la dissuasionGilet fluo COSEM

Si elles ont commencé par le quartier de Convalescence, six communes ou quartiers sont maintenant couverts par les rondes, Hauts Vallons à Mamoudzou, Kangani, Bouéni, Tsoundzou, Mtsamboro et un début à Sada : des rondeurs par groupe de quatre, patrouillent certaines nuits, de 22h à 4h du matin, équipés de gilets fluo, de sifflets et de lampe de poche. « On trouve des volontaires », explique-t-il face à notre étonnement.

La crainte était d’assister à des réactions d’impulsivité de la population excédée par les cambriolages à répétition, mais rien de tout cela, « chacun est responsable de ses gestes, nous le répétons à chaque ‘rondeur’, et leurs noms sont systématiquement diffusés aux services de gendarmerie ou de police de garde. Il n’y a pas eu de dérapages.» Plusieurs fois, les habitants se sont trouvés nez à nez avec des jeunes qui manifestement n’étaient pas du coin, « une simple discussion est dissuasive, et les jeunes prennent conscience que les habitants sont soudés, et s’en vont. C’est d’ailleurs un réflexe villageois qu’on avait ici autrefois. »

De 2011 à la déstabilisation des Comores, plusieurs explications

Elad Chakrina : "Plusieurs explications à cette situation"
Elad Chakrina : "Plusieurs explications à cette situation"

Alors, comment en est-on arrivé là ? Le mouvement social de 2011 revient comme un boomerang en première explication, et « le sentiment d’impunité des jeunes qu’on a laissé rançonner. Nous n’avons d’ailleurs jamais fait le bilan de ces évènements, car il y a eu des dégâts matériels mais aussi et surtout sociaux, moraux et une perte de la tolérance avec une radicalisation communautaire. » Un bilan qui semble urgent, « certains élus irresponsables minimisent et disent qu’il n’y a pas de problème de sécurité. »

C’est une succession de faits ensuite : « la déstabilisation des Comores avec une succession de coups d’Etat dans les années 90, le visa Balladur, des arrivées dans des conditions difficiles, des villages entiers qui se bâtissent un peu partout dans l’île, des Mahorais qui partent en métropole, et qui apprennent vite les actes violents dans les quartiers difficiles et qui finissent par revenir à Mayotte, puis les expulsions en chaîne dans les années 2000, laissant des mineurs seuls sur le territoire. 2011 arrive alors comme une cerise sur un gâteau explosif, avec des forces de l’ordre en nombre insuffisant, et personne pour inverser la tendance. »

Mayotte la bantoue, l’arabo-musulmane et l’occidentale

Signature de la convention par Nourdine Bacar
Signature de la convention par Nourdine Bacar

Il accuse des représentants de l’Etat qui minimisent en permanence auprès de Paris la gravité des situations, « et nous ne savons pas nous-mêmes faire du lobbying, tisser des réseaux pour être entendus. Pire, avec notre fichu complexe d’insulaire, nous confions cette tâche à des cabinets réunionnais, métropolitains ou bruxellois ! » Tisser de la proximité avec les hommes de pouvoir, c’est cela aussi défendre son territoire.

Troisième manque : les crédits. « En brigade de gendarmerie notamment, pour laquelle on pourrait créer une école, mais en amont, des finances pour accompagner l’emploi, et monter des partenariats publics-privés ».

En 2016, le COSEM passe à la vitesse supérieure, avec notamment la convention signée avec les cadis. Il s’agit de revenir à la structure initiale de la société mahoraise en impliquant les cadis, « et prendre conscience pour toute nouvelle évolution, de notre triple dimension culturelle : bantoue qui implique de prendre une décision de manière tribale collégiale, arabo-musulmane qui met en avant l’organisation de confréries et le poids des cadis, et enfin, occidentale qui incite à respecter la position sociale de l’individu. »

L’aboutissement, à moyen terme, serait de rendre les trois compatibles « dans un Conseil des sages, qui rassemblerait tous ces éléments, et en n’oubliant pas ceux qui travaillent dans le sport et l’associatif dans les villages. »

Anne Perzo-Lafond Le Journal de Mayotte

BouéniChakrinaCOSEMKanganiMayotteMtsamboroTsoundzou

À lire aussi dans

Tours d’eau — planning SMAE par secteur Mayotte Agenda — tous les événements à Mayotte : concerts, expositions, conférences, sports, sorties famille, vie associative. Voir l’agenda
Le Journal de Mayotte

Abonnez-vous au Journal de Mayotte

Toute l’actualité de Mayotte et de l’océan Indien en accès illimité, où que vous soyez.

  • Accès illimité
    à tous nos articles
  • Sur tous
    vos appareils
  • Restez informé
    alertes et newsletters
  • Soutenez un média local

Abonnement annuel

190 €/ an

  • Accès illimité au site
  • Tous vos contenus sur tous vos appareils
  • Soutien au journalisme local

Choisissez votre mode de paiement

Paiement 100 % sécurisé

En cliquant sur ce bouton, vous acceptez nos conditions générales de vente.

Météo & mer

Mamoudzou · Mayotte

Chargement des prévisions…

Météo marine

Mayotte et son lagon

…

Prévision du modèle NOAA GFS-Wave (mailles d’environ 28 km, ), lissée pour l’affichage : valeurs indicatives, atténuées dans le lagon par la barrière de corail. Ne remplace pas les bulletins officiels : vigilance Météo-France. Fond © OpenStreetMap, balisage © OpenSeaMap.

Vos cookies sur Le Journal de Mayotte

Le Journal de Mayotte utilise des cookies de mesure d’audience (Google Analytics) pour compter ses visites et améliorer le site. Aucun cookie publicitaire. Vous pourrez changer d’avis à tout moment.