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Palmes académiques après le cyclone Chido : des distinctions qui interrogent

Plus d'un an après la catastrophe, le décret du 24 décembre 2025 suscite critiques et incompréhensions sur l’île.

Par Mathilde HANGARD

Publié le · Heure de Mayotte

Mayotte, rectorat, académie,

Le cyclone Chido a frappé Mayotte le 14 décembre 2024, causant des dégâts sans précédent sur le territoire, notamment dans les établissements scolaires. Dix jours après le premier anniversaire de l’événement, le décret du 24 décembre 2025 attribuant des Palmes académiques à plusieurs acteurs de la gestion de crise suscite des réactions contrastées.

Une reconnaissance officielle contestée

Publié le 24 décembre 2025 par le ministère de l’Éducation nationale, le décret distingue plusieurs personnes aux grades de commandeur, officier et chevalier pour leur engagement dans la gestion de la crise. Cette reconnaissance vise à saluer les efforts déployés dans un contexte d’urgence marqué par des destructions importantes et une désorganisation durable du système éducatif.

Toutefois, à Mayotte, la composition de cette liste est contestée par certains acteurs de terrain. Plusieurs estiment que des personnes distinguées n’étaient pas présentes sur le territoire au moment du cyclone, survenu le 14 décembre 2024, ou ne se sont impliquées que tardivement. À l’inverse, des personnels éducatifs ayant participé directement aux opérations de remise en état — nettoyage des établissements, accueil des élèves, organisation de la reprise — ne figurent pas parmi les bénéficiaires. Ces critiques ne remettent pas nécessairement en cause le principe des distinctions, mais interrogent les critères ayant présidé à leur attribution.

Un malaise plus large dans un contexte encore dégradé

Ces tensions interviennent alors que les conséquences du cyclone restent visibles plus d’un an après les faits. De nombreux établissements scolaires sont encore partiellement détruits ou fonctionnent dans des conditions dégradées, compliquant le retour à une situation normale pour les élèves et les enseignants. Ce climat alimente un sentiment d’invisibilisation d’une partie des personnels de terrain, dont l’engagement est jugé essentiel dans la gestion immédiate de la crise comme dans la reprise progressive des activités.

Au-delà de la polémique, cette situation met en lumière des interrogations récurrentes sur la prise en compte des réalités locales dans les territoires ultramarins. Pour certains, elle révèle un décalage persistant entre les décisions administratives et les dynamiques de terrain, dans un contexte où les attentes en matière de reconnaissance et d’équité restent particulièrement fortes sur l'île.

Mathilde Hangard

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