Câest une petite dĂ©lĂ©gation mahoraise qui sâest rendue Ă Maputo pour la 51Ăšme FACIM, mais dotĂ©e dâune volontĂ© politique. Michel Taillefer qui y reprĂ©sentait la prĂ©sidence de la CCI (Chambre de Commerce et dâIndustrie), a Ă©voquĂ© leur dĂ©marche.

Pour la premiĂšre fois, une dĂ©lĂ©gation mahoraise sâest rendue Ă la Foire Internationale de Maputo, la FACIM, du 31 aoĂ»t au 5 septembre 2015. CâĂ©tait dâailleurs un baptĂȘme pour la France tout court, dont un Pavillon Ă©tait dressĂ©, accueillant Ă©galement les RĂ©unionnais.
Câest un pays une fois et demi plus grand que lâhexagone qui Ă©tale ses cĂŽtes face Ă Mayotte, le plus proche Etat du continent africain. Ses importantes richesses miniĂšres ont Ă©tĂ© doublĂ©es dâune dĂ©couverte de gisement de gaz, le plus important de lâAfrique subsaharienne. Le gaz est dâailleurs perçu comme le futur secteur porteur de lâĂ©conomie mozambicaine.
Mais pour y arriver et parvenir Ă dĂ©velopper les infrastructures nĂ©cessaires, le pays a besoin de capitaux Ă©trangers. Mayotte sâĂ©tait dĂ©jĂ positionnĂ©e avec le sĂ©minaire Concept Canal du Mozambique, organisĂ© dans notre dĂ©partement par lâancien prĂ©sident du conseil gĂ©nĂ©ral Ahamed Attoumani Douchina et le conseiller Jacques-Martial Henry.
Deux vice-présidents du département

Pour cette premiĂšre annĂ©e de prĂ©sence française Ă la 51Ăšme FACIM, grande manifestation des Ă©changes Ă©conomiques, du pays voisin, Mayotte Ă©tait reprĂ©sentĂ©e par des Ă©lus et des chefs dâentreprise : Ben Issa Ousseni et Mohamed Sidi, respectivement 6Ăšme et 7Ăšme vice-prĂ©sident du conseil dĂ©partemental, le premier chargĂ© de la CoopĂ©ration dĂ©centralisĂ©e et des Affaires europĂ©ennes et le second des Finances, et du dĂ©veloppement Ă©conomique et touristique. Le syndicat des eaux et dâAssainissement de Mayotte, Sieam, Ă©tait Ă©galement reprĂ©sentĂ©.
Câest Business France Johannesburg qui a organisĂ© la venue des entreprises françaises, reprĂ©sentĂ©e Ă Mayotte par la CCI. Notre Ăźle Ă©tait portĂ©e par Feyçoil Mouhoussoune avec ETIC Services (Technologie de lâinformation et de la Communication), Sourane Mohamed SoulĂ© de ServeU (monĂ©tique) et Bourahima Ali Ousseni, One Dog Mayotte (centre canin et des mĂ©tiers de la sĂ©curitĂ© privĂ©e).
Michel Taillefer, patron dâArtemis et Durandal, nây reprĂ©sentait pour une fois pas le Medef, ayant dĂ©missionnĂ© de la structure, mais la CCI avec Ali Abdou, Ă la tĂȘte de la direction des affaires Ă©conomiques.
Le portugais plutĂŽt que lâanglais
Peu dâentrepreneurs français sont encore prĂ©sents au Mozambique : Total, CMA-CGM et une ferme aquacole rĂ©unionnaise. «Ces derniers mâont interpellĂ© sur leur besoin en surveillance de leur exploitation, notamment par drone», indique Michel Taillefer. Des premiers contacts commerciaux ont donc Ă©tĂ© nouĂ©s, notamment par des rencontres B to B pour les jeunes entrepreneurs, qui sont encore actuellement en dĂ©briefing sur leur voyage.
Mais lâintĂ©rĂȘt, câest aussi pour Mayotte de sâouvrir vers le marchĂ© africain, et bĂ©nĂ©ficier de la proximitĂ© culturelle: «nous devons dĂ©velopper notre universitĂ© face aux visĂ©es hĂ©gĂ©moniques anglophones de la SADC et de lâAfrique du Sud. Profitons du lien lusophone que nous offre le Mozambique et travaillons avec leur universitĂ©. Il faut vendre la culture autant que lâĂ©conomie. Nâoublions pas que Bamana disait que Mayotte, trop petite pour nourrir tout le monde, avait vocation Ă exporter de la matiĂšre grise comme nous incite Ă le croire la nouvelle gĂ©nĂ©ration de chefs dâentreprise», fait remarquer lâhomme dâaffaire mahorais.
Et selon lui, les atouts de notre Ăźle ne sont pas Ă chercher dans les secteurs traditionnels, «notre aquaculture pĂ©riclite, et ils ne nous ont pas attendus pour le commerce. Câest dans les nouvelles technologies que nous serons forts.»
Il voit mĂȘme plus loin, en proposant une ouverture pour le port de Longoni: «Vers Durban plutĂŽt que de passer par le port saturĂ© mauricien de Port-Louis. Longoni pourrait ĂȘtre un port dâĂ©clatement de Durban et Djibouti».
Dâautre part, Mayotte a une carte Ă jouer avec Ewa Air pour les RĂ©unionnais dĂ©sireux de se rendre Ă Maputo, «une destination Ă privilĂ©gier par rapport Ă Pemba». En tout cas, le prĂ©sident mozambicain Filipe Nyusi, a rencontrĂ© notre dĂ©lĂ©gation : «Il connaĂźt Mayotte.»
La qualitĂ© de la FACIM de Maputo a Ă©tĂ© soulignĂ©e par nos Mahorais, un potentiel aux portes de Mayotte quâil ne faut pas nĂ©gliger.
Anne Perzo-Lafond Le Journal de Mayotte