<blockquote>
<p style="text-align: center;"><b>5 urgentistes par jour contre 1 en juillet dernier</b></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">On respire mieux au sein du réacteur sanitaire. Mais jusqu'à quand ? Depuis plusieurs semaines, "la situation s’améliore", déclare la direction du CHM à propos des effectifs d'urgentistes qui manquaient cruellement en juillet dernier. Mais ses représentants souhaitent rester prudents. Les nouveaux médecins urgentistes sont nombreux mais ne s'établissent que pour des périodes courtes allant de un à trois mois, rendant difficile une projection des effectifs sur le long terme. "Actuellement, ils tournent à cinq urgentistes par jour, au minimum quatre, alors qu'en été, on en avait qu'un", rappelle la direction de l'hôpital qui a essuyé plusieurs tempêtes. "Heureusement car l’activité a beaucoup augmenté à la rentrée".</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>"On garde les médecins pour les vraies urgences"</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify; color: #222222; font-size: 15px;">Durant plusieurs mois et jusqu'au début du mois d'octobre, le CHM ne disposait que d'une structure mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) pour secourir les Mahorais sur l'ensemble du département. Grâce aux nouveaux effectifs disponibles, deux SMUR sont désormais armés. « On est de nouveau protecteur pour la population au niveau des interventions », déclare Frédéric Lecenne, co-directeur administratif du service des urgences du CHM. Par ailleurs, lorsque le médecin-régulateur du centre-15 juge que l'appel reçu ne constitue pas une urgence médicale, une équipe para-médicale d'urgence (PMU) est dépêchée. « Cela nous permet de gagner du temps (...) on priorise, on hiérarchise au patient le plus urgent (…) on garde les médecins pour les vraies urgences (...) c’est tout à fait normal, cela se fait partout en métropole. »</span></p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><b>Une régulation qui passe mal</b></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Mais le ciel n'est pas encore complètement dégagé. Les trente-deux urgentistes du CHM sont encore insuffisants pour absorber la totalité de la régulation du centre-15 à Mayotte. Après plusieurs mois de "résistance", comme elle l'évoque, la direction du CHM a accepté une aide réunionnaise nécessaire mais à très mauvaise presse. Concrètement, les trois-quarts de la régulation du centre-15 de Mayotte, de jour, comme de nuit, sont assurés par deux médecins en poste au CHU de Saint-Denis de La Réunion. Sur l'île-hippocampe, ce sujet fait l'objet de nombreuses crispations, notamment au sein des élus et des syndicats.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: center;"><strong>Une dangereuse lenteur de régulation</strong></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">"Cette régulation du 15 par La Réunion ne passe pas, c'est légitime." </span>Lucide sur cette situation, la direction du CHM rapporte une méconnaissance du territoire mahorais et de sa géographie par les deux médecins installés à La Réunion, en charge d'une partie de la régulation du centre-15, rendant difficile l'organisation logistique des soins à Mayotte. "Ce n'est pas sécurisant", rapportent les assistants de régulation médicale (ARM) mahorais. "Tu fais le 15 à Mayotte, tu tombes sur un assistant de régulation médical, mais au moment où il faut parler à un des médecins (ndlr : qui est à La Réunion), cela prend 10 minutes, alors que cela devrait être instantané." <span style="text-align: justify; color: #222222; font-family: Verdana, BlinkMacSystemFont, -apple-system, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen, Ubuntu, Cantarell, 'Open Sans', 'Helvetica Neue', sans-serif; font-size: 15px;">Pour régler ce défaut de régulation, le chef de service des urgences du CHU de Saint-Denis est attendu pour une visite éclair au sein du CHM. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-align: justify;">"Il n’est pas question que l’on continue d’être régulé par La Réunion", soutient la direction du CHM, qui mise sur la fin du mois de février 2025, pour que les médecins urgentistes du CHM puissent prendre en charge entièrement la régulation du centre-15 à Mayotte « sereinement ». </span>Toujours dans l'optique de sanctuariser les urgences à de vraies urgences, les autorités sanitaires souhaitent rappeler <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2023/12/22/systeme-de-regulation-des-urgences-pris-en-charge-par-le-samu-centre-15/">la nécessité d’appeler le centre-15 de Mayotte</a>, avant de se rendre aux Urgences, quand cela est possible.</p>
<p style="text-align: justify;">Mathilde Hangard</p>