<p style="text-align: justify;">Des bulletins de vote en surnombre par rapport aux émargements lors des législatives de 2017 avait conduit à l’annulation des élections par le Conseil constitutionnel. Ramlati Ali, ex-maire de Pamandzi qui était sortie vainqueur des urnes le sera à nouveau lors du report des élections en 2018. Mais son adversaire, l’avocat Elhad Chakrina, avait déposé plainte, jugeant que les irrégularités étaient légion.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une nouvelle fois le mode d’établissement des procurations qui étaient en cause, l’enquête de gendarmerie mettant en évidence plusieurs actes illégaux. Notamment, le médecin Habil Combo Yacout délivrait des certificats médicaux sans vérifier l’incapacité des demandeurs de se déplacer, et le gendarme Ahamadi Boura, ne vérifiait pas leur identité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils étaient <a href="https://lejournaldemayotte.yt/2024/09/25/tribunal-judiciaire-ramlati-ali-a-t-elle-reellement-truque-les-elections-legislatives-de-2017/">huit prévenus à comparaitre le 25 septembre dernier</a>, s’agissait-il pour autant d’un système frauduleux visant à faire élire la députée dont ils étaient des soutiens via « des procurations extorquées à des personnes âgées n’étant pas en mesure de donner leurs intentions de vote , comme l’estimait la procureur ? Ramlati Ali estimait de son côté, « ne pas avoir été du tout au courant des agissements de ses sympathisants ». Elle aura d’ailleurs bouclé son mandat de députée de la 1<sup>ère</sup> circonscription de Mayotte jusqu’en 2022.</p>
<p style="text-align: justify;">La justice intervient donc bien tard alors qu’il s’agit de juger des faits datant de plus de 6 ans.</p>
Justice : Ramlati Ali relaxée dans l’affaire des fausses procurations, pas ses « sympathisants »
Compliqué de juger une fabrique de procurations ayant conduit à l’élection d’une parlementaire alors que celle-ci a effectué l’intégralité de son mandat. Des peines de prison avec sursis ont été prononcées, la députée a, elle, été blanchie.
Par Anne Perzo
Publié le · Heure de Mayotte
L'ancienne députée Ramlati Ali et son avocat Me Raphaël Gauvain du barreau de Paris, en octobre 2024.