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Environnement : Plus de 41 000 euros attribués à trois projets écologiques à Mayotte

L'Office français de la biodiversité (OFB) a dévoilé les lauréats de la seizième édition de son programme de financement TeMeUm (Terres et Mers Ultramarins). Au total, trois projets mahorais d'initiatives locales, associatives et écologiques vont donc se partager une enveloppe de 41.550 euros.

Par Shanyce MATHIAS ALI

Publié le · Heure de Mayotte

Mayotte, mangrove, baie de Bouéni, biodiversité, écologie,

La biodiversité mahoraise soutenue par l'Office français de la biodiversité.

Tortues marines, mangroves, ou encore plantes indigènes : trois projets menés à Mayotte vont bénéficier cette année du soutien de l'Office français de la biodiversité (OFB), pour un montant de plus de 41 550 euros. Ils font partie des 35 initiatives retenues dans les territoires ultramarins, les objectifs sont différents mais avec un même enjeu : mieux protéger les milieux naturels du territoire.

Du 24 février au 15 avril 2026, les acteurs ultramarins ont donc pu déposer leurs projets dans le cadre de la campagne de financement Terres et Mers Ultramarins (TeMeUm), consacrée à la protection et à la restauration de la biodiversité. Pour cette édition, ce sont 77 dossiers qui ont été reçus et évalués par les différents jurys locaux.

Des actions concrètes sur le terrain 

À Mayotte, les tortues marines sont en danger à cause du braconnage.

L’association Oulanga na Nyamba fait partie des lauréats du dispositif Tremplin avec un projet consacré au suivi des tortues marines. Sur le terrain, elle va tester l’utilisation d’un drone pour remplacer les survols en ULM actuellement utilisés pour observer ces espèces. L’objectif est de voir si cette méthode peut être utilisée pour suivre les tortues marines sur l’ensemble de Mayotte, et ainsi mener des actions pour mieux connaître et surveiller ces espèces, très présentes dans l'écosystème marin de notre île.

Autre projet retenu dans le même dispositif, celui de l’Association Mangrove Environnement (AME), qui prévoit la mise en place d’une pépinière accompagnée d’un programme éducatif.  Avec l'idée de produire des plantes tout en menant des actions de sensibilisation autour de la préservation des milieux naturels, notamment les mangroves mahoraises qui couvrent à peu près  667 hectares et représentent 30% du littoral.

Après le passage du cyclone, elles ont subi de lourds dommages, exposées à des vents dépassant les 200 km/h. Les acteurs environnementaux, ainsi que le Parc Marin de Mayotte, estiment que l'impact est très important, avec près de 80 % des feuilles arrachées et de nombreux palétuviers déracinés.

Une base de données pour mieux choisir les plantes

Bouyouni, piste longue, expropriation, développement, débat, Mayotte
La biodiversité de l'île est riche de plantes indigènes.

En ce qui concerne le troisième lauréat mahorais, il s'agit de la structure BADULA qui a été retenue dans le cadre du dispositif "coopération" pour son projet : « Liste Shivundze Mayotte ». L'association travaille sur la création d'une base de données en ligne qui recensera les végétaux indigènes de Mayotte, ainsi que certaines espèces exotiques non envahissantes.

Cette liste sera mise à disposition des professionnels du paysage et de l'aménagement. Ils pourront notamment l'utiliser pour choisir les plantes à utiliser sur leurs chantiers.  La finalité est de mettre en avant davantage les espèces indigènes pour faciliter leur utilisation dans le quotidien et surtout éviter les plantes invasives.  D'après l'OFB, 145 plantes sont considérées comme invasives, donc dangereuses pour la biodiversité locale.

Des échanges de compétences entre territoires

La campagne ne repose pas uniquement sur le financement de projets. Car le dispositif permet aussi à des acteurs ultramarins de se former auprès de structures spécialisées, pendant une ou deux semaines, sur un sujet précis. Pour cela, les frais d'hébergement, de déplacement et de restauration sont pris en charge par l'OFB à hauteur de 5 000 euros.

Avec ces financements, plusieurs associations, collectivités et structures locales vont donc pouvoir mener des actions sur le terrain, qu’il s’agisse de suivre des espèces, de restaurer des milieux naturels ou encore de développer de nouveaux outils technologiques. Des actions qui prennent tout leur sens après le passage du cyclone Chido, qui a fortement touché les milieux naturels de l'île et fragilisé les espèces qui y vivent.

Shanyce MATHIAS ALI.
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