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Comment éviter un nouveau blocage dans la collecte des déchets dangereux

Le rapport de la Délégation sénatoriale aux Outre-mer revient sur la crise de l’exportation des déchets polluants qu’ont vécu Mayotte et La Réunion. Induisant l’arrêt de la collecte pendant un an

Par Anne Perzo

Publié le · Heure de Mayotte

Déchets dangereux, Mayotte, La Réunion, Bâle, Sénat

Stockage de déchets dangereux à Longoni

Si les outre-mer dont les petits territoires comme Mayotte sont encore loin des standards nationaux, il faut dire que la législation ne les aide pas. Prenons par exemple l’exportation des produits dangereux depuis Mayotte ou La Réunion. Les sénateurs n’ont pas peur d’utiliser deux comparatifs : Kafka et Ubu. C’est dire que l’insoluble se mêle à l’absurde.

Depuis 2020, La Réunion et Mayotte font face à « une crise de la gestion des déchets dangereux sans précédent », rapporte le Sénat, « la saturation du transport maritime international, conjuguée au durcissement de la réglementation sur le transport international des déchets dangereux et à son application extrêmement précautionneuse par les compagnies maritimes, ont fait que ces deux territoires se sont retrouvés face à un mur de déchets dangereux non exportables. » Comme nous l’avions expliqué, les producteurs ou les recycleurs comme Enzo ou la SMART ont dû stocker pratiquement un an de déchets dangereux, induisant l’arrêt de la collecte de déchets. Batteries, déchets médicaux, huiles en tous genres, habituellement transportés par la société MSC, sont donc restés sur le sol mahorais.

Les représentants d'Enzo Recyclage, de l'Etat et de la Star devant le navire spécialement affrété

Les déchets, un fret pas comme les autres

Une situation liée au durcissement de la réglementation européenne doublé de la convention de Bâle qui ont incité les compagnies maritimes à se couvrir au-delà de ce que des territoires ultramarins peuvent supporter.

Comme nous l’avions rapporté, pour débarrasser le territoire de nos 245 tonnes de déchets, doublés de ceux de La Réunion, il a fallu affréter spécialement un navire sur fonds européen FEDER, qui est parti pour le Havre en direct fin octobre 2022 pour un coût très élevé de 2,6 millions d’euros, « un surcoût d’environ 800.000 euros par rapport au coût des exportations au fil de l’eau sur les lignes régulières », indiquent les sénatrices.

Qui ne peuvent que constater que « cette crise a contribué à la prise de conscience de la faible résilience de La Réunion et de Mayotte en matière de gestion des déchets dangereux : le seul exutoire est l’exportation vers l’Europe, soumise à la bonne volonté des compagnies maritimes qui prennent en charge ces déchets et des nombreux pays de transit. » Et à se projeter : « À plus long terme, cette crise pose la question du développement d’outils locaux pour le traitement des déchets dangereux, en recyclage et valorisation ou en stockage ».

A.P-L.

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