La grogne est partie de la menace de licenciement pesant sur les dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux de la Colas et de la Somaco, et porte maintenant sur le renforcement du droit syndical et sur lâapplication intĂ©gral du code du travail Ă Mayotte. La Dieccte annonce sa transposition pour 2018.
« La menace sur les dĂ©lĂ©guĂ©s, câest la goutte dâeau qui fait dĂ©border le vase », justifie Salim Nahouda, secrĂ©taire dĂ©partemental de la CGT Ma, « en fait nous avons Ă©tĂ© baladĂ© depuis plusieurs annĂ©es ». Il fait rĂ©fĂ©rence Ă la Commission consultative du travail extraordinaire qui sâest tenue le 28 mai 2010 et dont il ne note aucune avancĂ©e en dehors de lâĂ©volution du plafond de la CSSM, « mais avec une convergence en 2025 ! »
Soulignons toutefois que le SMIG a bien Ă©tĂ© réévaluĂ© dans une volontĂ© de convergence vers le niveau national, comme annoncĂ© dans le compte rendu de cette CCT, et quâun indice dâindexation des salaires a Ă©tĂ© adoptĂ©.
Câest surtout le principe de lâapplication du Code du travail national Ă Mayotte qui fait tĂąche : « il est actĂ© dans le cadre de la dĂ©partementalisation, avec pour objectif de pouvoir appliquer au plus tard en avril 2011 toutes les dispositions qui ne nĂ©cessitent pas de dĂ©lai supplĂ©mentaire ». Autrement dit, veuillez messieurs les syndicalistes, lire les index de bas de page, les dĂ©lais supplĂ©mentaires Ă©tant lĂ©gion en la matiĂšre. (compte rendu de la CCT extraordinaire du 28 mai 2010)
Le code du travail annoncé pour 2018

En demandant lâapplication immĂ©diate du code du travail, Salim Nahouda sait bien quâil fait rĂ©fĂ©rence Ă un enchevĂȘtrement de textes, un travail de Titan, mais de lĂ dĂ©pend la transposition des conventions collectives, câest Ă dire des avancĂ©es sociales qui vont avec, par branches dâentreprises. Il nuance malgrĂ© tout : « soit on prend la convention collective nationale en parafant avec les donnĂ©es locales du code du travail, soit on prend le code du travail national et on transpose les points adaptables ici dans la convention collective ». Car il refuse ce quâil appelle le « bidouillage » actuel, oĂč chaque boite Ă©crit sa propre convention collective Ă Mayotte.
La Dieccte (Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l'Emploi) de son cĂŽtĂ©, souligne les avancĂ©es rĂ©centes : « un travail a Ă©tĂ© mis en route et prend acte que le code du travail applicable Ă Mayotte doit disparaĂźtre en 2018, avec des points sur lesquels on peut anticiper, mais dâautres quâil faudra diffĂ©rer », explique Jacques Launay, « peut-on appliquer toutes les cotisations salariales immĂ©diatement ? Qui va prendre en charge lâapprentissage si ce nâest lâEducation nationale ou la Dieccte comme câest le cas ? », interroge-t-il.
Quant aux procĂ©dures de licenciements en cours, laisser faire la justice renvoie Salim Nahouda plusieurs annĂ©es en arriĂšre, lors de la grĂšve 2011 chez EDM oĂč il est salariĂ©, « lorsque des salariĂ©s grĂ©vistes avaient Ă©tĂ© condamnĂ©s, lâhuissier mâavait dit, âjâai juste notĂ© les noms quâon me disaitâ », soulignant lâabsence de rĂ©el travail de vĂ©rification.
Les diffĂ©rents conflits rĂ©cents ont creusĂ© selon lui le fossĂ© entre Medef et syndicats, « je nâaccepterai donc pas la table ronde proposĂ©e par le Medef chez eux le 21 septembre. Je lui prĂ©fĂšre la proposition du prĂ©fet de se rendre en terrain neutre Ă la CCI. Il nous propose ensuite de le rencontrer, et mandate la Dieccte pour recevoir les salariĂ©s qui en auraient besoin. » La CFDT a acceptĂ© la table ronde en y voyant "lâoccasion dâun dialogue constructif", comme la CFE CGC, tandis que le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâUDFO Mayotte El-Anzize Hamidou l'ignore et prĂ©pare sa propre rĂ©union pour le 23 septembre.
Avant dâaccepter la proposition du prĂ©fet, il indique vouloir contacter ses collĂšgues CFDT et FO de lâintersyndicale dĂšs demain, et reste fermement engagĂ© dans la tenue d'une CCT extraordinaire prĂ©sidĂ©e par le prĂ©fet.
Anne Perzo-Lafond Le Journal de Mayotte